Lo Bouirado est un mot évocateur, de notre argot local, d'une époque évanouie. Le projet d'effectuer une "Bouïrado" était dicté par une situation nécessaire, importante et parfois urgente.
Ces journées de solidarité se déroulaient, dans la majorité des cas, avec un esprit empreint d'une volonté d'entraide, pour faire face aux aléas de la vie, à l'époque rigoureuse de l'ancien régime.
Ce bel esprit revêtu de ses couleurs de noblesse, dans l'action de s'épauler les uns les autres, a perduré jusqu'à l'exode du monde rural.
Il n'est pas vain de dire que lo bouîrado est un peu synonyme, de la main tendue à quelqu'un qui fait naufrage dans la vie.
Aux temps où les protections sociales et autres n'existaient pas, il fallait malgré tout faire face aux sinistres ou faits divers personnels graves, sans oublier de payer son impôt "la taille" toujours maintenue par le seigneur.
Ce rassemblement de voisins parents et amis étaient une réunion de force et de savoir-faire, mis à la disposition et profit d'une victime ou personne dans le besoin.
Les "bouïrados" ont souvent permis de reconstruire les toits de chaume abritant de grosses quantités de foin très vulnérables aux incendies provoqués par la foudre ou les éclairages à flamme nue.
Ces mêmes réunions de force offraient leur précieux concours, à une famille frappée par la maladie ou par la disparition récente du chef de famille, pour rentrer les récoltes et préparer le bois pour l'hiver.
Des situations à caractère amical de voisinage généraient également ce déploiement de main d'uvre, pour réparer un chemin emporté par les dernières crues ou pour rattraper le retard exceptionnel d'une récolte.
A la fin de l'exécution des travaux qui pouvaient durer plusieurs jours, de façon continue ou entrecoupée, le bénéficiaire de l'ouvrage organisait une "Reboule". C'était un copieux repas soulignant la satisfaction de l'uvre accomplie et la reconnaissance de l'entraide.
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
