Une expression souvent employée par le monde rural dans notre région, au cours des derniers siècles. Ce mot était synonyme de reconnaissance, de satisfaction, de savoir-vivre et de convivialité.
A l'époque des temps durs, La REBOULE était une journée gastronomique familiale et amicale. Cela marquait la fin de travaux importants coutumiers ou exceptionnels. Les fenaisons, les moissons, les vendanges, le paillage d'un toit en chaume donnaient lieu à un moment de fête pour remercier les participants souvent bénévoles. La journée prenait alors le nom de l'action terminée, "la Reboule des fenaisons" par exemple.
Les principaux mets qui composaient le repas de midi donnaient généralement le reflet des ressources alimentaires de la saison. Ils provenaient en majorité des produits de la ferme et de la nature, en particulier de la "Tuade" du cochon. Le très gros saucisson appelé "fond du monde". La "maôche "(Estomac de porc farci), le jambon cousu et farci avec de la chair à saucisse "la Jambonnette". Couramment le magnifique coq, aux multiples couleurs, de la basse-cour faisait les frais de ces ripailles. Le lièvre était le favori mais plus exceptionnel, comme les truites. La fricassée de pommes de terre roses, les choux et la salade faisaient parti de la composition des plats de légumes pour le repas. Les différents fromages de vache et de chèvre. Les fourmes de ferme, jalousement gardées pour les circonstances, devenues bleues à l'intérieur avec la croûte un peu fumée, après des mois d'attente sur les claies prés de la cheminée. Les Gazimelles crémeuses faisaient le régal des palais gourmands. Les Picodons natures ou affinés, au vin blanc, au marc ou aux huiles, dans des pierres taillées ou des biches en terre, permettaient d'apprécier le "Canon de Clinton"(Vieux cépage rouge aujourd'hui disparu) d'une manière plus contrastée. Certains de ces fromages étaient pliés dans des feuilles de vigne, de châtaigniers ou de mûrier.
Le dessert se composait fréquemment de l'incontournable crème Chantilly abondamment servie, des ufs à la neige ou îles flottantes nappées de caramel très brun, obtenu par la fonte de cubes de sucre à l'aide d'un pique-feu rougi. Pour accompagner ces douceurs, un gros gâteau doré bien levé, de la dimension d'une couronne de pain, cuit au four à bois faisait le régal des convives. Le tout arrosé de boissons douces alcoolisées, entre autres "la Cartagène". (Jus de raisin additionné de marc, le tout macéré).
Après le café, les alcools rares et vieux du chef de maison apparaissaient. Les connaisseurs en les savourant s'interrogeaient sur l'origine et l'âge souvent difficiles voire impossibles à déterminer, après avoir lampé plusieurs verres. La dégustation des traditionnelles cerises à l'eau de vie confortait le prétexte d'une digestion plus facile. "Quand on a bien travaillé cela ne peut pas faire mal, on l'a bien mérité", s'écriait sincèrement la maîtresse de maison pour une invitation à se resservir.SOIREE RESEREE AUX ACTEURS, FIGURANTS DE "LO BOUIRADO"
